2011-11-11

Tadao Ando, architecte japonais

Tadao Ando est né à Ôsaka le 13 septembre 1941. Il apprend l'architecture, mais en autodidacte, ce qui est rarissime au Japon. Il achète des livres chez les bouquinistes et est fasciné par un ouvrage consacré à Le Corbusier. De 1963 à 1968, il voyage. Sans beaucoup d'argent, il prend les moyens de transport les moins chers, il marche beaucoup à pied. Il n'étudie pas l'architecture, il s'y plonge et tente de la percevoir physiquement. Il est également influencé par des personnalités comme Louis I. Kahn, Frank Lloyd Wright et par les écrits de spécialistes comme Sigfried Giedion et Kenneth Frampton. En 1969, il crée sa propre agence à Osaka et commence par construire de modestes maisons.


En 1975, il se fait connaître avec sa "Row House" , maison en bande, construite sur un terrain de 58 m². Masao Furuyama a écrit, dans un livre consacré à Tadao Ando, publié chez l'éditeur Taschen : "Ando a introduit là une boite en béton dans un de ces alignements de maisons en bois délabrées qui occupent les quartiers du centre d'Osaka et créé à l'intérieur un espace résolument autarcique. Ce faisant, il propose une intimité que les maisons de ville traditionnelle sont incapables d'offrir. La cour de la maison est un lieu caché, coupé du bruit de la cité. Elle ne s'ouvre que sur le ciel, c'est une fenêtre qui reçoit la lumière, le vent et la pluie pour que la nature puisse pénétrer le mental du visiteur. Pour Ando, l'architecture peut être une arme au service de la réforme sociale. A vingt ans, il se posait des questions angoissées sur le thème "architecture ou révolution" mais il a fini par choisir l'architecture. Il est convaincu que "changer l'habitat c'est changer la ville et réformer la société". La "Row House" est une expression de cette croyance."

En 1980, la maison Koshino a représenté un nouveau départ pour Ando... Je reprends le livre de Masao Furuyama : "Il a peu à peu ouvert la boite fermée pour faire en sorte que l'intérieur et l'extérieur communiquent par des ouvertures dans les murs, entre les murs et dans le toit."
J'ai trouvé ce qui m'attire dans cette architecture : ces boites juxtaposées de volumes différents sont apparemment des figures simples que l'architecte complexifie pour en faire un espace assemblé. C'est le jeu des emboitements et des circulations qui permet cette complexité. C'est aussi sans doute le jeu des lumières et des ombres dont parle Tadao Ando : “Les rayons de lumière, lesquels rentrent par les interstices entre les murs extérieurs et la structure, créent des variations de lumière et d’humeurs basées sur les saisons et l’heure de la journée.”

En 1987, Ando est nommé enseignant à l'université de Yale aux USA et en 1991, c'est la consécration au Japon, puisque, dépourvu de diplôme, il est nommé professeur titulaire à l'Université de Tokyo.
En juin 1995, Tadao Ando est le troisième Japonais à recevoir le "Pritzker Architecture Prize" sorte de Prix Nobel d'Architecture, deux ans après Fumihiko Maki récompensé en 1993. Profondément marqué par le tremblement de terre de Kobé, survenu en janvier de la même année, et qui avait touché en particulier le quartier de ses premières réalisations, il offre tout son prix aux orphelins de la ville. Il collecte des fonds pour améliorer la qualité de la reconstruction, car les morts ont surtout été relevés dans les habitations à bon marché de la ville, construites au mépris des règles de l'art.

Eglise sur l'eau

L'architecture de Ando est une synthèse de la spiritualité japonaise, de la modernité des techniques de construction et de l'utilisation de matériaux innovants.
Son architecture reste toujours à l'échelle des hommes qui vont y vivre et reste plus tournée sur les espaces intérieurs que sur l'aspect extérieur. Il utilise et se fond dans le paysage plutôt que de vouloir le transformer. Sensible à l'esprit des lieux, il privilégie les matériaux locaux, qui ont une histoire et sont rattachés au lieu où il bâtit.
Encore plus convaincant, Tadao Ando avec ses propres mots :"my basic stance with respect to what is to be expressed through architecture has remained unchanged. Whether it is a concrete row house of less than 50 square meters in floor area, a monumental cultural facility being planned in Abu Dhabi, or an urban restructuring project in progress in Tokyo that has the environment as its theme--what I always imagine is an architecture through which the wind blows, stirring people's emotions, an architecture that coexists with nature and purifies the spirit."

Oyamazaki museum à Kyoto
à droite Musée d'art moderne, Fort worth, Texas

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